Nouvel embrasement???
Les banlieues françaises vont-elles de nouveau s'embraser comme l'année dernière?
Les Renseignements Généraux, dont les sondages et les avis sont généralement bien plus fiables que ceux de l'IFOP ont affirmé dans un rapport récent communiqué à la presse (ce qui n'arrive quand même pas tous les matins, ils oeuvrent habituellement uniquement pour le pouvoir) que les conditions étaient de nouveau réunies pour un nouvel embrasement des banlieues.
Rappel rapide des faits : à l'automne dernier, une partie des banlieues parisiennes subissent de plein fouet une flambée de violence. Les médias mettent de l'huile sur le feu en communiquant précisément le nombre de voitures ou de magasins brulés, etraînant ainsi une surenchère et une sorte de concurrence entre les différents quartiers. De nombreuses autres villes françaises sont frappées, à l'exception notable de Marseille. Les analystes parlent de la mer et du soleil pour expliquer la chose, ce qui n'est guère convaincant. Après avoir promis une répression qui n'arrive pas vraiment, les forces de l'ordre se montrant impuissantes par rapport à cette guerilla urbaine, le gouvernement multiplie les effets d'annonce et les déclarations tapageuses.
Quand le retour au calme intervient, la bourgeoisie n'a pas vrament peur, mais le gouvernement et surtout ce cher Sarkozy ont failli sur un élément jusque là fort de leur politique : la sécurité. Mais les initiatives s'arrêtent vite. Le plan Borloo qui prévoit 1,5 milliards sur 5 ans n'est en fait qu'un saupoudrage d'emplois précaires, d'aides individuelles et sans véritable avenir. Le ministre de l'Éducation, De Robien croit trouver la solution miracle, en publiant son plan de révision de l'éducation prioritaire avec la mise en place d'un classement des établissements. Sur mille établissements en éducation prioritaire, le ministre propose de recentrer les aides sur les 250 considérés comme les plus difficiles. Mais il ne s'agit pas d'argent supplémentaire, il s'agit juste de couper les moyens à certains pour les redonner à d'autres. En clair, on redistribue les cartes, pour favoriser certains au détriment d'autres. Et on met en place un systèm de précarité encore plus grand dans les emplois de l'éducation nationale, les surveillants doivent être des CAE (moins de 26 ans, sans diplôme...).
Concrètement, aucun plan d'urgence n'est prévu pour tenter de mettre un coup d'arrêt à la paupérisation généralisée des quartiers en difficulté, à la ségrégation socio-spatiale croissante. Un an après, la situation n'a donc pas évolué, si elle ne s'est pas encore aggravée: on ne remet pas en état d'un coup de baguette magique l'absence de toute politique urbaine concertée depuis 20 ans!!!!!
Il ne faut donc pas être surpris si les banlieues s'embrasent de nouveau. La violence soudaine qui revient avec des bus brulés est scandaleuse et inadmissible. Mais il faut bien admettre que le gouvernement n'a strictement rien fait pour l'endiguer. Et visiblemt, M. De Villepin n'a toujours pa compris que les déclarations tapageuses et sécuritaires n'avaient strictement aucun effet sur les violences des jeunes de banlieue.
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