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Articles avec #lectures tag

La guerre aux pauvres commence à l'école !

Publié le par thalasrum

Ruwen OgienC'est un pamphlet de moins de deux cents pages comme on aimerait en lire plus souvent ! En partant de l'idée du ministre de l'Éducation Nationale, Vincent Peillon de rétablir la morale laïque à l'école, l'auteur, Ruwen Ogien déroule tous les maux affichés de l'Éducation en France en s'appuyant sur sa spécialité la philosophie.

Écrit dans une langue simple sans pour autant en devenir simpliste, l'auteur démonte les principes de la pensée réactionnaire, traditionaliste et élitiste qui inonde actuellement les médias français. Les Finkielkraut, Zemmour et autres Pujadas sont renvoyés à leurs rengaines passéistes !

Ce petit livre délibérément provocateur est un vrai bol d'air frais dans la pensée ambiante ! Un ouvrage au service des enfants, de tous les enfants, même ceux des classes populaires. Ogien démonte les mécanismes libéraux qui ont oeuvrés depuis presque vingt ans, contribuant à générer des inégalités chaque jour plus grandes.

Au lieu d'accuser les élèves de leur propre échec, l'auteur interroge le système et les logiques à l'oeuvre sous différents gouvernements. La conclusion est attendue, mais sans appel. À lire et faire lire !

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Genèse d'une adhésion au Parti de Gauche

Publié le par thalasrum

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51Gi9DFvKuL._SL500_.jpgIl a fallu six années d'écriture irrégulière sur ce blog. Six années de tâtonnements, de billets d'humeur sur l'actualité. Six années pour arriver à cela. Les deux premières années de chroniques de la politique française viennent d'être publiées. Le livre est disponible ici !

Achetez-le ! Lisez-le ! Faites en la promotion !

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Le vice caché du polar par Pynchon

Publié le par thalasrum

Pynchon-Vice-cache.jpgLe style est merveilleux, agréable. De la Littérature, avec un L majuscule. Il ne se contente pas d'un sujet, verbe, complément. La forme vient éclairer le fond. Ce roman de Pynchon n'est pas un simple policier. Ce serait trop simple.

L'enquête de son détective déjanté, planté dans le Los Angeles des années 70, fumeur d'herbe devant l'éternel, qui poursuit un gros bonnet de l'immobilier corrompu, lié à la mafia, avec comme acolyte un policier toujours sur la tangeante, ne sert que de décor.

Pynchon n'a d'intérêt pour son enquête policière que dans la mesure où les innombrables apartés & digressions lui permettent de raconter autre chose que la recherche d'un coupable. Un peu comme celui qui attendrait Godot, Pynchon n'a pas du tout comme ligne d'arrivée, de trouver son coupable.

Pour les besoins du genre, le détective Sportello, & son flic Bigfoot tomberont sur les arcanes du méchant Wolfman, mais si la morale du policier est sauve, Pynchon s'est sacrément bien amusé, donnant la parole aux sans classe de cette ville qui n'en est pas une, aux survivants d'une vie inhumaine, qui revenant du Vietnam, qui ne vivant que pour une vague ou une dose de drogue, ne servent bien souvent que de décor délabré à de longs travellings qui ne s'arrêtent pas.

Pynchon, bien au contraire, donne le beau rôle à ces sans-grade, s'arrête avec eux, les laisse s'épancher dans un discours pas plus déviant que les loups de ce monde, caricaturé dans le personnage de Wolfman & ses acolytes de la fraternité aryenne. Le tout est enrobé d'un fond sonore musical décalé.

Un bonheur pendant plus de 400 pages.

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Bruno Gaccio fait sa révolution impossible !

Publié le par thalasrum

Bruno-Gaccio-revolution-on-se-rappelle.jpgL'ancien auteur des Guignols vient de sortir un livre. Un roman ? pas vraiment ! Un essai ? Vu le style, difficilement. Une autobiographie, ce serait réellement réducteur ! Le genre est un doux mélange des trois à la fois. Un savant bordel organisé & assumé par l'auteur en quatrième de couverture ! Gaccio qu'on oubliait un peu. Gaccio qui fricotait dans les ragots médiatiques avec le parti socialiste, plus très en verve avec la révolution.

Gaccio s'est réveillé, du mauvais pied ce matin là, & nous jette un pamphlet à la figure. Dans le même style qu'il avait dézingué un certain Nicolas Sarkozy à 19h10 sur le plateau de Canal +, alors qu'il assumait le lourd héritage d'un certain Antoine De Caunes pour présenter les invités alors interviewés par Philippe Gildas. Le petit homme devenu président de la République avait eu du mal à supporter la biographie qu'avait fait de lui le camarade Bruno en faisant la longue liste de l'ensemble de ses trahisons ! Puis Gaccio avait connu une sorte d'éclipse. Le revoilà, plus énervé que jamais.

Le titre résument la finalité de l'ouvrage ! Comment faire la révolution aujourd'hui ? Comme le camarade Bruno se revendique hédoniste & ne s'imagine pas sans femme, le sexe occupe une place de choix dans l'ouvrage ! Mais elle sert de liaison & de légèreté au fond du propos, bien pessimiste sur la capacité du peuple à se révolter.

Car loin de se contenter de faire rire le lecteur, Bruno Gaccio interpelle le lecteur, dans des situations que chacun connaît & l'interroge sur sa capacité à se révolter ! Faisant le constat d'un échec criant, de la société, du monde syndical, du monde politique à s'ancrer dans un processus révolutionnaire pour contribuer à l'amélioration de la condition humaine, l'auteur ne s'arrête pas à une conversation de café du commerce ! Il convoque Aristote, La Boétie, Noam Chomsky... Derrière le paravent du clown qui voudrait se révolter avec ses petits poings, Gaccio pose des questions dérangeantes & renvoie le lecteur à sa servitude volontaire !

Dans un climat où la politique est lentement mais sûrement grignotée par la communication (pardon la publicité !), où le politique accepte de se laisser manger par la sphère économique, où la démocratie est dévorée par une petite oligarchie financière qui ne garde de la démocratie, que les cadres formels, Ce petit ouvrage d'un peu plus de cent pages tape du poing sur la table. Loin d'être moralisateur, il interroge le lecteur & le renvoie à ses responsabilités ! Salutaire !

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Sexy New York de Slocombe, entre 11 septembre, surréalisme et dahlia noir !

Publié le par thalasrum

Roman-Books-Sexy-New-York-Romain-Slocombe.jpgAprès une tétralogie japonaise, Romain Slocombe emmène son héros dans une trilogie européenne dont Sexy New York est le deuxième tome.

Nous suivons donc le photographe fétichiste Gilbert Woodbrook, sans le sou, endetté, obligé de travaillé comme bagagiste à l'aéroport de Londres pour survivre, qui se retrouve à New York, employé comme caméraman pour un reportage sur un ami photographe américain. De reportage, le producteur espère en tourner deux. & le héros gaffeur, dragueur impénitent, se retrouve bientôt dans une situation totalement insoluble dans laquelle seul lui est capable de s'enfoncer.

La toile de fond historique est ici à la fois le meurtre du dahlia noir & les surréalistes des années 1940-1950, avec Man Ray, John Huston, Duchamp, la chasse aux sorcières anti-communiste, les frasques des surréalistes, leur adoration pour Sade.

Au cas où le lecteur s'ennuierait, notre héros part pour New York début septembre 2001 & va se retrouver dans l'Histoire, celle des attentats du WTC, où Slocombe, l'auteur, nous emmène via les méandres de la théorie conspirationniste. Le roman, noir bien évidemment, tient le lecteur en haleine jusqu'au bout. Il propose une version de l'affaire du Dahlia noir qui n'a jamais été résolue, de même qu'une version des faits pour les attentats du 11 septembre.

Slocombe s'intéresse ici plus à la problématique de l'artiste & des surréalistes en particulier plutôt qu'à l'Histoire, qui avait été privilégiée dans le volume précédent Lolita Complex. Où s'arrête l'art ? Quelles sont les limites de l'artiste ? L'auteur tente de montrer le lien ténu entre le génie artistique, l'invention géniale & la folie.

Un roman noir de grande qualité, très bien documenté !

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Andreï Makine fait des aller-retour entre passé & présent.

Publié le par thalasrum

Dansmakine-vie-homme-inconnu.jpg la vie d'un homme inconnu, Makine, auteur russe à grand succès, prend pour héros, un auteur russe exilé en France. Un véritable anti-héros, qui échoue à peu près tout. Son oeuvre, sa vie sentimentale. Sa vie.

Au detour d'une sombre histoire, notre héros se retrouve propulsé en Russie. Il se trouve dans un monde qu'il ne reconnaît pas. Qui va trop vite pour lui, en plein bouleversement. Le cynisme de Makine aggrave cette description sans pitié de la nouvelle classe moyenne supérieure russe. Celle qui a largement bénéficié de la fin du communisme. Celle qui a su se servir sur le cadavre soviétique. Des charognards sans foi ni loi.

Mais Andreï Makine reste lui-même. Dans ce monde sans pitié, l'auteur nous met en scène un grabataire sans âge, qui ne parle plus. & qui va se confier à notre anti-héros en mal d'espoir. Racontant sa vie, sans fard, celle d'un homme qui a traversé la grande guerre patriotique (i.e la Seconde Guerre Mondiale) et toute la deuxième moitié du XXème siècle, on découvre une URSS méconnue, brutale, avec ses travers, ses horreurs & ses bonheurs simples. Le monde contemporain lui paraît incompréhensible.

Entre le mépris pour un passé injuste, & la haine d'un présent voué au libéralisme sauvage, Makine ne semble pas trouver de salut dans un avenir proche pour la Russie. L'âme russe sort renforcée. L'optimisme n'est malheureusement pas de mise. Le style sobre renvoie à la narration. La nostalgie, la volonté de transmettre un héritage sont omniprésents. À lire un jour de bonne humeur...


Andreï MAKINE, "La Vie d'un homme inconnu", Paris, Seuil, 2009

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Dai Sijie, une Chine inconnue, historique, sensuelle & attirante !

Publié le par Mouloud

Dai Sijie acrobatie aerienne confcius

Le dernier roman de Dai Sijie, « L’Acrobatie aérienne de Confucius » invite à un voyage historique dans la Chine impériale du XVIème siècle. Mais il ne s’agit pas de voyager pour nous raconter l’Histoire.

La grande Histoire est un prétexte. Presque un paravent risible & dérisoire pour amener au sujet qui intéresse ce brillant auteur : la Culture, la gastronomie, les relations humaines (l’anthropologie corrigerait sans aucun doute un ami…).

Notre auteur ne s’arrête pas aux frasques & aux croyances de l’empereur dont il utilise la biographie : il convoque Confucius & Rabelais pour témoigner son histoire ! Bien plus palpitant que la succession de règne. Dai Sijie s’était déjà illustré dans « Balzac & la petite tailleuse chinoise » pour sa capacité aux narrations croisées, pour sa maîtrises des flash back. Il en use encore ici pour la plus grande délectation du lecteur. Notre romancier chinoise aime les gens. Il aime l'amour, & il aime le narrer, le décrire, le partager.

L’amateur de roman historique sera satisfait, le passionné de la comédie de mœurs sera comblé, l’amateur de sensations sera au nirvana. Dai Sijie ne s’arrête pas aux sentiments, il narre le ressenti, le plaisir, la jouissance de l’Homme. Dans la nature, la nourriture, dans la vie !

Un véritable bonheur, un vrai dépaysement, un monument de culture, en toute simplicité.

 

DAI SIJIE, "L'Acrobatie aérienne de Confucius", Paris, Flammarion, 2009, 248 pages.

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Slocombe, Mortelle résidence, une descente aux enfers à Lyon

Publié le par Mouloud

Slocombe Mortelle RésidenceRomain Slocombe a ses habitudes & son univers. Ses romans se succèdent, apportant chacun une touche différente à l’édifice, mais le ton reste le même. Simple, froid, parfois cruel, toujours très réaliste. Le rythme est vif. Le suspense soutenu. Chaque chapitre éclaire un élément passé pour mieux questionner le futur.Des qualités nécessaires pour qu’un roman noir fonctionne.

Dans « mortelle résidence », l’auteur plante le décor à Lyon. & à l’image du titre, la souffrance du héros, un architecte argentin qui vit à Bruxelles, ne va cesser de croître au fil des pages. Comme à son habitude, son héros est fauché, & se retrouve presque malgré lui embrigadé dans une aventure où le mensonge l'amène à tricher toujours plus, & à se retrouver dans une situation toujours plus complexe. Un véritable chemin de croix dont il ne sort pas indemne !

Slocombe affectionne les histoires croisées. Ici, la révolution française, la Shoah, la vengeance d'une jeune femme contre la barbarie, l’art contemporain underground du XXème siècle, une journaliste tourmentée, une artiste japonaise se rencontrent, se percutent, se combattent, dans un récit totalement contemporain… Tous ces éléments prennent corps pour s'unir au paroxysme de l'intrigue, une vraie réussite !

Au fil des chapitres, l’ensemble prend corps, les éléments du passé ressurgissent à la face des personnages ancrés dans le temps présent. Un véritable délice pour les passionnés d’Histoire.

Romain Slocombe déverse aussi quelques unes de ses passions récurrentes, le fétichisme, la barbarie nazie & fasciste, le journalisme d’investigation, & l’art, omniprésent tout au long du livre.

Inutile de préciser qu’une bonne partie des personnages ne termine pas le roman vivant. À dévorer sans modération !

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Fellag : lire pour aimer l'Algérie !

Publié le par mouloud

Il aime l'Algérie. Normal ! C'est son pays. Il aime l'Histoire de son pays ! Il aime en parler ! Il aime la faire partager ! Dans son dernier roman, Fellag va encore plus loin que dans les précédents. Il raconte une Histoire du temps présent. L'allumeur de rêves berbères. Tout un programme pour raconter la guerre civile sanguinaire qui a ravagé le pays.

Fellag a une force démesurée : il sait raconter. Il sait captiver. Ses phrases sont simples. Son français est accessible à tous. & pourtant, il éclabousse de culture toute personne qui ouvre un de ses écrits.


Fellag raconte la mort. Fellag raconte la peur de mourir. La solitude. L'angoisse. On la vit avec lui. Mais n'attendez pas un drame pleurnichard. Une chronique dramatique. Non ! Fellag fait rire. C'est sans doute la seule solution. Mais cela sonne tellement juste ! Fellag écrit comme il parle. Qu'est-ce qu'il parle bien ! Si vous l'avez raté sur scène, ne ratez pas ses romans. Il ne semble avoir pour seule devise que cette phrase jetée à la figure de tous les criminels : « Vivre pour ne pas donner raison aux prédateurs de la beauté ». Fellag ne montre que de belles choses. Hésitant tout en tournant les pages entre un éclat de rire coluchien, & une larme catastrophée, le lecteur se laisse bercer par ces personnages universels. Par ces personnages qui refusent la fatalité, qui tournent en dérision une économie de pénurie, qui méprisent la censure, qui se délectent des alcools les plus simples, qui dénigrent le droit aux assassins de diriger leurs vies.

Quand on sort d'un livre de Fellag, on en sort grandi.


Fellag, « L'Allumeur de rêves berbères », Paris, Lattès 2007, « J'ai lu n°8722 », 2008

 

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Jim Harrison : l'inconnue d'un continent, l'Amérique

Publié le par thalasrum

Dès que l'on parle des États-Unis, des images surgissent. New York, Miami, les grands parcs, les autoroutes superposées, les fast-food. Parler des américains fait surgir les images cinématographiques de Tarantino, Lynch, des frères Coen, de Woody Allen, des séries TV lénifiantes.

Si c'est l'Amérique à laquelle vous vous attendez, oubliez tous vos clichés. Le dernier roman de Jim Harrison vous emmène dans une Amérique qu'il est l'un des seuls à maîtriser, décrire, apprécier. Les rivières du Montana, les oiseaux emblématiques des états qui servent de fil directeur au roman, la nature, les amérindiens sont le théâtre de ce roman.

En lisant la quatrième de couverture, on s'attend à un road movie. « Une odyssée américaine » débute de manière très conventionnelle, avec une rupture, la vente d'une maison & le départ pour traverser les États-Unis. Innombrables films partent dans cette objectif. Steinbeck & ses raisins de la colère, Easy Rider.

Mais Harrison n'emprunte pas la route 66 pour partir vers l'Ouest. Il emprunte une route bien plus au Nord. Des chemins de traverse pour être plus précis. Les routes sont toutes inconnues. Elles débouchent sur les relations humaines. Une réflexion sur le couple. Une invitation à réfléchir sur le passé. Harrison écrit un grand livre. Derrière de petites scènes quelconques du quotidien (un divorce, une histoire sans lendemain dans un bar), Harrison nous montre les États-Unis qu'il aime, ceux qu'il déteste. Les États-Unis qui se chevauchent. Multiples. Multiculturels. Attachant. On a envie de connaître cette Amérique naturaliste, même s'il faut la découvrir au volant d'un gros 4X4 avec la climatisation. Les sentiments humains. La vie qui se poursuit malgré les chocs. Les cassures du temps. Un moment de découverte & d'émotion.

 


Jim HARRISON, « Une Odyssée américaine »

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