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Articles avec #histoire tag

Le rôle du chef dans une démocratie : l'exemple de la France à l'épreuve de l'élection présidentielle !

Publié le par thalasrum

La société monarchique d'Ancien Régime française s'est construite sur le principe d'un roi légitimé par la religion catholique romaine. Le principe du "Ejus regio, cujus religio" (Pour chaque roi, sa religion) a permis au roi de s'imposer sur son peuple, jusqu'au paroxysme de Louis XIV. Régulièrement, même après la fin de la monarchie, les français se sont cherchés des hommes providentiels pour les diriger. Napoléon 1er par un coup d'État, mais surtout Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III qui liquide la 2nde République après son élection aux premières élections présidentielles. En 1940, les français donneront les pleins pouvoirs au quasi-sénile maréchal Pétain, avant de voter massivement pour la constitution de la Vème République monarchique, entraînant le retour au pouvoir du général de Gaulle. On pourrait multiplier les exemples d'hommes d'État, considérés comme providentiels sans jamais parvenir à l'exhaustivité. À l'échelon d'en dessous, au niveau des partis politiques, ce sont aussi des hommes providentiels (et quasiment jamais des femmes bizarrement) qui dirigent les partis (Robespierre, Jaurès, Blum, Mitterrand, Clémenceau, Daladier, Chirac,...) tout au long de notre histoire

Dans cette histoire française, le collectif délègue systématiquement à un chef qui guide, qui décide à sa place, alors que la logique démocratique voudrait plutôt que la décision soit prise collectivement et s'impose au chef qui serait désigné comme simple exécutant des décisions collectives ! Et pourtant ! Historiquement, dans une société peu éduquée, on peut comprendre, ou en tout cas expliquer la manipulation de tout ou partie du peuple par des ambitieux, bien que la Révolution française apporte un gigantesque démenti collectif à cette prétendue incapacité du peuple à s'organiser et décider par lui-même !

Aujourd'hui en 2017, notre organisation politique est toujours dans cette même logique. Les partis élisent un chef qui leur sert non pas de porte-parole, mais à qui ils délèguent des prérogatives gigantesques. Il n'est qu'à voir comment le représentant de EELV, élu démocratiquement par les militants pour les représenter aux élections présidentielles, a pris l'initiative de s'allier avec le candidat PS Hamon, avant d'ensuite demander la légitimité des militants. Le chef décide, le peuple acquiesce. Il en va de même pour les autres partis politiques institués de la sorte, que ce soit le FN, LR, le PS, le PCF ou tous les autres. Deux mouvements semblent échapper à cette démarche : en Marche, et la France insoumise.

Dès la fin du premier tour de la présidentielle dimanche soir, les chefs des partis politiques, se considérant omnipotents, et ne prenant pas la peine de consulter leurs adhérents, se sont arrogés le droit, comme après chaque élection, de prendre la décision de donner une consigne de vote à leurs électeurs pour l'élection suivante. Comme si les militants n'avaient pas leur mot à dire. Comme si le peuple n'était pas assez intelligent pour se construire une opinion politique propre, personnelle, et pertinente. Qu'un responsable politique donne son avis, c'est totalement logique et légitime. Mais qu'il donne une consigne de vote, sans même avoir consulté sa base militante, c'est prendre une décision bien plus grande que le pouvoir qui lui a été délégué.

Ce système est exacerbé par les chiens de garde du système médiatique, qui par fainéantise intellectuelle autant que par servilité et déférence à l'égard du pouvoir libéral en place, qui se multiplient de médias en médias pour imposer une pensée unique, en colportant les mêmes propos, les mêmes semblant d'analyse de la radio à la télé. De la télé à la presse écrite, créant un écho ininterrompu. Les Apathie, Zemmour, Lenglet, Duhamel et consors monopolisent les plateaux et, avec leurs clones, finissent par ne plus diffuser qu'un bruit de fond que de moins en moins de gens écoute.

D'ailleurs, cela fonctionne de moins en moins bien, si tant est qu'il ait fonctionné correctement un jour. Rappelons le référendum perdu de De Gaulle en 1969, le référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen, où l'immense majorité des responsables des principaux partis politiques appelaient à voter "Oui" avec le résultat que l'on connaît. Aujourd'hui, François Fillon et la plupart des leaders de LR ont appelé ouvertement et clairement à voter "Emmanuel Macron " au deuxième tour. Pourtant, le groupe "sens commun" ne votera clairement pas comme la consigne a été donnée.

À quoi sert une consigne quand on sait pertinemment qu'elle ne sera pas respectée, voire même pas écoutée ? Quand les responsables des partis politiques donnent une telle consigne de vote, ils se donnent simplement l'illusion -avec la complicité des grands média - qu'ils ont un pouvoir sur l'ensemble des électeurs qui ont voté pour eux. Pourtant, ils ont au mieux un petit pouvoir sur les militants, très largement minoritaires à l'échelle de l'élection, mais finalement très peu, voire aucune emprise sur la masse de l'électorat.

Dans le secret de l'isoloir, au grand dam des innombrables chiens de garde libéraux que ce système dérange, l'électeur retrouve l'ensemble de son pouvoir. Celui du choix de voter, ou de ne pas voter. Et sur cela, nul n'y peut rien ! Même les chefs de parti !

Voir aujourd'hui la pression mise sur Jean-Luc Mélenchon pour qu'il se prononce clairement et donne une consigne de vote pour le deuxième tour en dit long sur l'étroitesse de vue, la servilité des médias dominants, relayés en cela par les innombrables petits relais sur les réseaux sociaux qui s'érigent subitement en citoyens éclairés de la résistance au fascisme, est signifiant de deux choses effrayantes. Soit l'ensemble des médias croit toujours à la force de prescription du chef, malgré les contradictions violentes du passé, soit il y a une peur de Jean-Luc Mélenchon et de son mouvement avec une évidente volonté de le discréditer.

Comme les médias sont loin d'être idiots et savent pertinemment que le pouvoir prescripteur du chef est quasi-nulle, et encore plus dans le cas de JL Mélenchon qui n'a de cesse de répéter depuis des années que : "La consigne, c'est qu'il n'y a pas de consigne !" Il faut par conséquent en conclure que les médias mènent une opération de manipulation visant à tenter de discréditer le porte-parole de la France insoumise, et rien d'autre ! Qu'il appelle à voter Macron ou non, changera-t-il quoique ce soit au résultat de l'élection ? Cela influera-t-il sur la décision des 7 millions d'électeurs qui ont voté pour lui au premier tour. Tous ceux qui ont lu son programme et adhéré à ses idées ne glisseront quoiqu'il arrive jamais un bulletin Front National pour le deuxième tour. Les médias, en menant une campagne d'opinion contre JL Mélenchon, se discréditent encore un peu plus, au lieu de jouer leur rôle de contre-pouvoir.

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L'importance de la première abolition de l’esclavage du 4 février 1794 en Guadeloupe

Publié le par thalasrum

Le 4 février 1794, la convention montagnarde décide d’abolir l’esclavage sur tous les territoires de la République, après cinq années d’âpres discussions entre les tenants de l’égalité entre tous les citoyens et les lobbys des planteurs esclavagistes soucieux de préserver leurs intérêts économiques. Robespierre, qui était depuis le début favorable à cette mesure, obtient un vote favorable de la convention. Le processus abolitionniste a commencé plusieurs décennies auparavant dans les textes philosophiques, et s’est progressivement répandu dans l’ensemble de la société.

Si bien que lors de la préparation des états généraux du royaume de France, convoqués par Louis XVI, plusieurs cahiers de doléances affirment la nécessité d’abolir l’esclavage au nom de l’égalité entre tous les hommes. C’est en particulier le cas du petit village de Champagney dans la Haute Saône où Jean-Luc Mélenchon a salué la volonté des habitants et le choix de la convention montagnarde.

Pour la Guadeloupe, l’événement est d’importance, puisque notre territoire a bénéficié du décret de la Convention de Robespierre, avec la première abolition. La Guadeloupe était un territoire de la République française, contrairement à la Martinique, envahie alors par les anglais.

Il apparaît primordial de saluer cet épisode historique glorieux, qui permettra pendant presque 8 ans la mise en place d’une égalité entre tous les citoyens, sans distinction de couleur. Cette période se refermera avec le refus d’un retour en arrière et l’insurrection de la Guadeloupe le 21 octobre 1801 (salué depuis lors par des drapeaux rouges sur tous les ponts) et la création d’un gouvernement autonome contre la décision de Bonaparte de rétablir l’esclavage à la demande de sa femme, la békée martiniquaise Joséphine de Beauharnais. Cette insurrection est clôturée par le suicide de Delgrès et des derniers insurgés qui préféreront mourir plutôt qu’être rabaissés de nouveau à leur condition d’esclave.

Le courage de ces révoltés passés qui ont préféré mourir que renoncer à leur liberté ne doit pas tomber dans l'oubli !

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Charlie, Danemark, Auschwitz, Ursull et l'humanité

Publié le par thalasrum

Les attentats contre Charlie Hebdo, puis au Danemark, mais aussi les égorgements, le soldat brûlé vif dans une cage par l'État islamique, perpétrés avec une violence inouïe, ont réenclenchés le processus insupportable de l'islamophobie, déjà générés il y a une décennie par les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Plutôt qu'un monde apaisé et multipolaire, les tenants de la violence cherchent sans cesse à recréer un empire qui est leur pour mieux définir la barbarie à ses pourtours. La Grèce antique avait initié ce principe, définissant par là-même un européocentrisme. Rome antique l'a repris, puis Charlemagne, puis les puissances européennes l'ont appliqué au monde dont elles finissaient par admettre l'existence. Le nazisme aurait pu (du ?) mettre un terme à ce concept abject de déni de l'autre. Mais à peine l'Allemagne vaincue, l'URSS a servi de barbare pendant un demi-siècle à l'Empire états-unien.

Mais les bouleversements de 1989 ont provisoirement remis en cause ce concept, ouvrant le champ des possibles à un autre monde multipolaire, ouvert, multiculturel, ce qui était inacceptable à tous les tenants non plus de l'Empire, mais d'un empire, le leur, défini sur un principe communautariste prétexte à la haine de l'autre. Chaque petit groupe a ainsi commencé un travail de sape d'un possible vivre ensemble pour remettre au goût du jour la guerre du chacun contre tous les autres.

Il consiste à se définir un particularisme qui se veut unique et dans un élan d'égocentrisme, et prétendre le placer avant toute autre chose, générant des barrières infranchissables pour l'autre. En cela, le positionnement interdit toute empathie venant de celui qui a été défini comme l'autre. Tout vivre ensemble devient par conséquent immédiatement impossible et les barrières se multiplient sans rapprochement possible.

C'est ce positionnement qu'a choisi Joelle Ursull à propos de la commémoration des soixante dix ans de la libération d'Auschwitz dans une lettre ouverte au président de la République. Les réponses de Dominique Domiquin et de Jacky Dahomay dans France Antilles permettent de remettre les choses à leur juste place, posant l'humanité primant l'individu. Faire le choix de l'humanité contre l'inhumanité, c'est partir du précepte simple que l'Homme ne peut vivre qu'en société, et que l'individu doit nécessairement se plier aux contraintes sociales, contrairement au discours libéral qui cherche à supprimer tous les cadres sociaux pour renvoyer à l'individu.

Car vouloir placer la traite Atlantique devant ou derrière la Shoah, chercher si le génocide arménien, rwandais ou amérindien sont plus ou moins graves les uns que les autres, c'est bien vouloir rendre unique une inhumanité et la mettre en concurrence avec les autres. À Auschwitz, le président Hollande en parlant de la Shoah comme du plus grand crime, a simplement pris le parti de l'Humanité contre l'inhumanité. À Auschwitz, commémorant la victoire sur l'inhumanité nazie, il aurait été inepte de parler d'autre chose que du génocide, juif, tzigane, homosexuel qui s'est alors produit en ces lieux. Faire la liste des crimes de l'Histoire eut été les individualiser, les dissocier d'une manière insupportable pour l'Humanité.

Non ! Il ne faut pas accepter cette velléité du libéralisme de s'immiscer pour réécrire l'Histoire et casser notre Humanité. Les libéraux ont suffisamment réécrit l'histoire pour ne plus les laisser diffuser leur propagande mortifère pour les peuples.

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François Morel à réécouter sans modération

Publié le par thalasrum

Les billets d'humeur de François Morel sont généralement de grande qualité. Les écouter rend souvent moins idiot, peut-être même plus intelligent des fois. À rendre intelligent la bêtise. 

 

À écouter, réécouter, diffuser sans modération.

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Printemps réactionnaire français : le retour des héritiers du 30 mai 68 !

Publié le par thalasrum

Manif pour tous Frigide Barjot UMP FN reactionnaire homophobieDepuis le 30 mai 68 où il avaient défilé sur les champs Élysées, soulagés de constater que l'union des étudiants & du prolétariat n'avait pas abouti à une révolution politique, ils avaient disparu de la circulation. On avait revu une partie de leurs enfants en 1984 pour défendre leurs cursus à eux, les écoles privées catholiques, où ils sont entre eux. Entre eux ? L'essentiel des futures élites de la nation. Les technocrates qui peuplent les ministères, les hautes fonctions représentatives.

Ceux qui trustent Sciences Po, l'ENA, les grandes écoles de commerce, de business. Ceux dans la bouche de qui "peuple" se prononce avec mépris. Ceux qui considèrent que la République doit être limitée, que si on laisse le peuple décider, c'est la chienlit ! Ceux qui sont dans l'oligarchie & ne veulent surtout pas l'ouvrir à une véritable démocratie, enchaînant les carrières dans le public pour se constituer le carnet d'adresses avant d'aller finir leur fortune dans les conseils d'administration du privé. Ceux qui considèrent que les lois sont pour les autres, la police pour taper sur les gauchistes, & le pouvoir leur appartient indéfiniment. Ceux qui haïssent la Révolution française et Mai 68 !Manifestation 30 mai 68 pro gaulliste

En 2013, après des années de silence, les petits enfants du 30 mai 68 sont de retour sur la scène publique. Ils découvrent la joie de battre le pavé, surpris que leurs parents les laisse ainsi s'encanailler. L'association de la bourgeoisie avec la vieille aristocratie catholique traditionaliste a trouvé son point commun dans la bataille contre le mariage pour tous. Le point commun qui fait définitivement sauter le verrou entre la droite & l'extrême droite !

Les enfants de Mai 68 ont eu pour icônes Rosa Parks, Joan Baez, Che Guevara, Martin Luther KIng, Leonard Cohen, Malcolm X, Jimi Hendrix, Jim Morrison, le mouvement Punk (Ah... Les béruriers noirs, Parabellum !). Ceux que l'on voit défiler dans les rues ont eu pour icônes Debré, Raymond Marcellin, Barre, Jean-Paul II, Chirac, Pasqua, Balladur, Sarkozy... & Michel Sardou ! Leur icône du moment : Frigide Barjot ! Nécessairement les repères ne peuvent être les mêmes.

Au quotidien, ces deux groupes de population ne se croisent que très rarement. Après des années de droite dure au gouvernement, certains avaient même oubliés que la vieillesse réactionnaire & catholique, celle qui avait refusé la Révolution française, refusé la République, refusé la séparation des Églises et de l'État, refusé le Front Populaire dans un élan d'antisémitisme violent (voir le 6 février 1934), soutenu avec ferveur le Maréchal Pétain, avait encore des héritiers aujourd'hui ! Ils sont dans la rue, & se retrouvent tout excités de lutter contre la modernité, contre l'émancipation de la femme, contre l'égalité des droits pour tous !

Il n'y a pas à avoir peur de cette jeunesse réactionnaire. Elle a toujours existé, s'est souvent retrouvé en situation d'être majoritaire. La Gauche qui veut gouverner doit simplement faire le travail de discussion, d'explication, de rationalisation nécessaire pour que les classes populaires ne s'allie pas avec ce clan de la réaction, dans une servitude volontaire décrite par La Boétie il y a plus de cinq siècles maintenant !

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