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guadeloupe

3.400 logements sans le minimum de confort en Guadeloupe !

Publié le par thalasrum

carte guadeloupe 971Cela représente 2% des logements de la région. Ils n'ont pas l'eau courante, pas l'électricité. & par conséquent pas de WC, douche ou baignoire ! Il s'agit pour la plupart de maisons de petite taille, mais au total, plus de 6.500 personnes sont concernées ! En regardant plus en détails, ce sont 10% des logements de Marie Galante ou des Saintes qui sont concernés ! Plus on s'éloigne du centre, plus la situation devient dramatique...

Les optimistes dans le quotidien régional France Antilles insistent sur la diminution du nombre de ces logements & leur faible proportion par rapport au total (2%). Cependant, nous sommes à l'orée de l'année 2011, au XXIème siècle, dans une région française ! Imaginer que des personnes, en France, même si elle est ultramarine, puissent vivre dans ces conditions est tout simplement atterrant.

Dès 1946, la Constitution de la République garantissait un droit au logement. Que plus de 60 ans plus tard, ce même État, qui se revendique puissance mondiale, qui est capable de dépenser des milliards pour mettre au point de quoi détruire la vie humaine sur la planète ne soit pas en état de financer un minimum de confort pour tous (eau courante, électricité...) est proprement scandaleux.

À quoi servent les grands mots de nos déclarations de 1789, que l'on nous ressort à chaque évènement officiel ? Où sont la liberté & l'égalité (en droit, sic !) d'une personne qui n'a pas l'eau courante & l'électricité chez elle ? Qu'est la fraternité de notre pays ?

À force de créer de l'individualisme à outrance, à force de renier les valeurs communes liées à la solidarité, le libéralisme ambiant a fini par générer les conditions d'un système, où l'on se félicite presque qu'il ne reste plus que 2% d'une population dans un état de délabrement total, alors que l'on devrait se demander comment cette situation est encore envisageable aujourd'hui !

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Laïcité : le long chemin pour que la loi de 1905 arrive en Guadeloupe !

Publié le par Thalasrum

Pere-Noel.jpegL'information a fait le buzz quelque temps sur twitter : dans le Nord de la France un maire est en conflit avec ses administrés pour avoir installé une crèche dans l'espace public. C'est en lisant cet article que la situation guadeloupéenne est bien plus problématique.

La loi de 1905 qui établit la séparation des Églises & de l'État prévoit très simplement que l'État ne financera pas la culte. Ça paraît simple, clair, évident. D'ailleurs, à propos de l'Islam, les politiciens n'hésitent pas à instrumentaliser régulièrement cette loi sur la laïcité pour mettre au ban de la société l'ensemble des immigrés, associant sans scrupule, des catégories de population à des religions.

Pour en revenir au sujet du jour, la Guadeloupe, le problème est bien plus lourd. En cette période d'approche de Noël (fête d'origine païenne récupérée par la religion catholique puis par Coca-Cola), une "tradition" catholique locale veut que les personnes se réunissent pour des "chantez Noël" ! Pour résumer simplement la situation, il s'agit uniquement de chanter des cantiques, puis de faire une fête ! Que les catholiques aient envie d'organiser ce genre de fêtes privées... Chacun trouve son plaisir là où il le veut.

Mais ! En Guadeloupe, les chantez Noël, sont organisés par tout un chacun. Quand il s'agit des amicales des personnels des établissements scolaires, il suffit de ne plus adhérer à l'amicale de l'établissement si l'on ne souhaite pas participer à cet empiétement du religieux dans l'espace public, quoique le problème est plus compliqué si la fête se déroule dans les locaux de l'établissement scolaire !

Cependant, il y a encore pire ! Les municipalités, n'ayant visiblement pas vu le rapport entre la fameuse loi de 1905 & les "chantez Noël" continuent d'organiser & de sponsoriser, avec moults annonces publicitaires, ces évènements religieux avec les deniers publics. Visiblement, personne n'est choqué. C'est la tradition ! Mais avant la loi de 1905, c'était aussi la tradition de financer le culte ! La tradition est faite pour changer ! C'est au nom de la tradition que les rapports de domination se perpétuent !

La tradition, c'était la féodalité, la domination des puissants sur les faibles, l'injustice, la domination de l'homme sur la femme, les privilèges... Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison clamait Coluche ! C'est vrai ici ! La loi de 1905 doit s'appliquer sur tous les territoires de la République. Les collectivités ne doivent pas financer le culte ! Ni en Guadeloupe, ni dans le Nord, Nulle part en France !

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Haïti : l'État français renvoie des enfants à leur misère !

Publié le par Mouloud

Haiti-expulsion-femme-enfant.jpgUne jeune fille de 15 ans, qui avait atterri en Guadeloupe a été renvoyée en Haïti après quatre jours d'attente à l'aéroport de Pointe à Pitre, Pôle Caraïbe. La trêve annoncée lors du séisme catastrophique dans cet État est donc terminée. Pour se justifier, le préfet explique que ce n'est pas une reconduite à la frontière, étant donné qu'on ne lui a jamais donné accès à la France. Vaste hypocrisie !

La situation en Haïti est pourtant loin d'être enviable ! Les camps de fortune provisoire se stabilisent & les organisations internationales pensent qu'ils vont devenir rapidement de nouveaux bidonvilles. Non seulement la reconstruction de cet État n'a pas commencé, mais le déblaiement des dégâts n'en est qu'à ses prémices. Les gravats autour du palais présidentiel n'ont été enlevés qu'il y a trois jours. Ailleurs, il n'y a pas de bulldozer, les gens déblaient à la main ! & la saison des pluies va arriver, pour aggraver la catastrophe !

La déclaration du préfet de région dans ces conditions  fait froid dans le dos : " Il y a de plus en plus d’Haïtiens qui arrivent ici et qui sont porteurs de faux-documents. On n’a pas le droit non plus d’aller dans le sens de tous ces gens qui trafiquent de faux papiers. La Guadeloupe a fait beaucoup dans le cadre des secours à Haïti, elle n’a pas à rougir."

Rappelons que l'État français a réussi la performance de donner moins d'argent pour l'aide à Haïti que la solidarité française. Une vingtaine de millions d'euros ont été débloqués par la France, pas plus. Pour la Grèce qui est un petit peu plus près dans l'esprit gouvernemental, l'Union Européenne débloque 30 milliards, soit plus de mille fois plus. il est vrai qu'il s'agit d'économie, non de sauver de la misère des iliens.

On peut dès lors imaginer que les brillantes paroles du préfet de région vont être reprises à chaque nouvelle expulsion d'un haïtien.

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Guadeloupe : la ministre Penchard flingue l'ancien secrétaire d'État Jégo

Publié le par thalasrum

Quand Sarkozy parlait de droite décomplexée pendant les élections de 2007, il ne pouvait sans doute pas imaginer à quel point cette formule allait donner des idées dans son camp. La dernière en date, la ministre de l'Outre-mer marie-Luce Penchard, lourdement défaite dès le premier tour des régionales, s'en prend dans une interview publiée hier dans le quotidien régional France Antilles à l'ancien secrétaire d'État pour sa gestion de la crise de 2009.
Il fallait oser, Mme Penchard l'a fait ! Petit retour sur les faits. Janvier 2009, la Guadeloupe est en grève. Pour tenter de résoudre la crise, le secrétaire d'État Jégo alors en poste, fait le déplacement en Guadeloupe après deux semaines et signe un accord avec le collectif local (LKP). Mais à son retour à Paris, surprise, le gouvernement impose au secrétaire d'État de renoncer à cet accord. La crise s'enterre, puis s'envenime, mais ne s'arrête pas. Finalement, la crise se durcit avec un blocage total de l'île. Finalement après 44 jours de mouvement, un accord de sortie de crise est trouvé, très proche de celui négocié dans un premier temps par Yves Jégo.
Dans les semaines qui suivent, un remaniement ministériel a lieu & Yves Jégo est évincé, servant de fusible. Marie-Luce Penchard, totalement novice en politique, avec comme seule carte de viste d'être la fille de Lucette Michaux-Chevry, ancienne présidente du conseil régional, se retrouve propulsée secrétaire d'État à l'outre-mer, puis obtient le titre honorifique de ministre de l'Outre-mer. Son action politique se limite à régenter les États généraux de l'outre-mer voulu par Sarkozy, qui accouchent de très peu, & à des déplacements médiatiques, mais sans véritable action.
Après plusieurs semaines de déchirements dans la droite guadeloupéenne, c'est Paris qui impose la tête de liste UMP, & parachute la ministre de l'Outre-mer comme numéro 2 de cette liste, sans véritable cohérence.
Durant la campagne, la liste UMP est totalement absente. Le seul fait d'armes pour l'UMP, est une déclaration ridicule de Mme Penchard lors d'un meeting aux Abymes qui fait le buzz & décrédibilise la ministre (Mme Penchard avait déclaré qu'elle ferait tout pour que l'argent de l'outre-mer destiné aux autres DOM aille plutôt pour la Guadeloupe !).
La défaite électorale de l'UMP & de Mme Penchard est à mettre à l'actif de cette liste, sans projet, sans leader, sans ancrage local. Le leader de la liste n'a pas cru bon de se déplacer sur le plateau télévisé de RFO le jour du débat avec l'ensemble des listes. M.Jégo n'a rien à voir dans cette histoire.
Mme Penchard est grande : elle devrait commencer à assumer ses actes !

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Régionales en Guadeloupe : Lurel et le PS ont gagné, mais qu'en est-il de la gauche ?

Publié le par thalasrum

Tout un chacun a noté la victoire – extraordinaire a même dit TF1 – de la liste conduite par Victorin Lurel en Guadeloupe, où la majorité absolue des suffrages s'est portée sur le nom du candidat PS dès le premier tour. On peut se satisfaire de l'extrême faiblesse du score de l'extrême droite locale.

Certes, plus de 56% des voix, le score est sans appel. D'autant que la deuxième liste est très loin des 20%. Il y a un naufrage de la liste conduite par l'UMP. Les listes d'extrême gauche nombreuses ne dépassent pas les 2%, tandis que la liste des dissidents de gauche de M.Jalton ne parvient pas à l'emporter dans la commune des Abymes.

À aucun moment, n'est apparu un réel projet alternatif dans les différentes listes. L'UMP n'a pas mené campagne, la tête de liste ne s'est même pas déplacée sur le plateau télévisé lors du débat entre les différents candidats. Les propos atterrants de la ministre de l'Outre mer en meeting aux Abymes n'ont pas amélioré les choses. Jalton et sa liste n'ont jamais réussi à se démarquer de la liste Lurel. Les listes d'extrême gauche, n'ont jamais été en état de mettre en valeur le mouvement social de 2009 à leur profit.

Finalement, Victorin Lurel, sans véritable projet, s'est contenté de rassembler une sorte de liste « d'union régionale », regroupant ses fidèles, auxquels il a associé des félons de droite, à l'image de Mme Louis Carabin, des membres du MODEM et des écologistes pour finalement remporter 31 des 32 communes de la région.

La réélection de M.Lurel se fait certes par défaut : aucun autre candidat ne lui arrivait à la cheville, mais c'est aussi une réélection inquiétante. Sans sourciller, les électeurs se sont portés sur une liste adoubée par le PS, regroupant aussi le centre droit et la droite, vaste programme !

Au-delà des grandes déclarations d'intention, les propositions de la liste de M.Lurel sont soit floues, soit inexistantes pour résoudre la question sociale, pourtant prégnantes. Rien d'ambitieux pour le pouvoir d'achat des classes populaires, rien d'ambitieux pour développer des infrastructures pour les poursuites d'études des élèves de l'archipel, rien d'ambitieux pour résoudre le problème récurrent du chômage.

Le programme écologique présente de grandes intentions, mais le développement d'infrastructures de transports collectifs dignes de ce nom est à un stade embryonnaire. Dans une région de plus de 400.000 habitants (l'équivalent d'une agglomération comme Bordeaux), il n'existe aucun projet de réseau ferré régional. Les transports inter-îles sont laissés à des entreprises privés avec des coûts dissuasifs pour les catégories défavorisées, il n'existe aucun projet pour développer un véritable service public des transports régional.

L'élection s'est une nouvelle fois jouée de manière totalement clientéliste, sur des noms de personnes plutôt que sur des programmes. Ces élections renforcent un potentat local, avec un budget conséquent, sur un programme douteux. Un électeur sur deux ne s'est pas trompé sur ces élections tronquées en ne se déplaçant pas. Le politique ne sort pas grandi de cette élection, & l'avenir d'une région en difficulté demeure posé.

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