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Sandy aux États-Unis : tant pis pour la Caraïbe !

Publié le par thalasrum

http://ibuzzyou.fr/wp-content/uploads/photo-ouragan-sandy-statue-liberte-new-york-tornade-425x283.jpegEn regardant les grands médias nationaux d'hier & ce matin, on a l'impression de vivre dans un monde virtuel. Le traitement de l'ouragan Sandy est particulièrement révélateur. Vingt minutes d'images sur les précautions prises par les américains, les images du vent, de la tempête, animations en trois dimensions pour montrer l'importance de la montée des eaux, témoignages d'américains, de touristes (tiens ! Ils n'ont pas osé la prise d'otages par l'ouragan, petit déception), puis les images des dégâts, puis des deux candidats à la présidentielles, puis retour en direct de New York, sur fond de mauvais temps & de statue de la liberté... Retour en plateau pour tirer le bilan, avec le spécialiste du jour, une quinzaine de morts... mais surtout la bourse de New York est restée fermée deux jours & il y a des milliards de réparations en perspective.

On arrive au point clé de l'enfermement médiatique dans une bulle totalement irréelle : l'argent perdu passe largement avant les pertes humaines. L'Homme a une valeur marchande, qui est largement moins importante que les pertes matérielles ! C'est absolument dramatique, mais c'est le reflet d'une période.

Symptôme majeur de ce traitement, la Caraïbe ! Cette région a payé un prix bien plus lourd à Sandy, puisqu'on dénombre une soixantaine de morts. Mais comme il n'y a pas de bourse à Port au Prince ou à Kingston, aucun intérêt ! Pire ! Il n'y a pas de journalistes en résidence, contrairement à la côte Est des États-Unis.

Renversement soudain & brutal du traitement de l'information : cette dernière n'est plus là où se passe quelque chose, mais là où se trouvent les journalistes ! De la même manière que l'aléa ne devient un risque que s'il y a une présence humaine, l'événement ne devient une information que s'il y a un journaliste présent ! Dans une période ultralibérale de diminution constante des coûts, déplacer un journaliste coûte bien trop cher que de créer l'événement là où le journaliste se trouve, quand bien même l'information y est techniquement moindre.

Le résultat est saisissant : 60 morts dans la Caraïbe par l'ouragan Sandy valent une phrase sur France 2, tandis que 15 morts aux États-Unis valent la Une du même JT de 20 heures et quinze minutes non stop de reportages & interviews. Le Nord de la Caraïbe dévasté est totalement éclipsé par les États-Unis.

La déshumanisation du traitement médiatique poursuit son oeuvre !

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