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Mélenchon et "l'apprenti journaliste" : est-ce du journalisme d'information ou du buzz ?

Publié le par thalasrum

Une vimelenchon.jpegdéo de Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) fait le buzz. Mélenchon répond à des questions d'un étudiant en journalisme, l'interview se transforme en affrontement, & l'homme politique finit par s'énerver, remettant violemment à sa place l'étudiant. La vidéo est postée bien plus tard sur la toile & fait le buzz. La presse se déchaîne contre les insultes de l'homme politique à un petit étudiant en journalisme qui apprend. Mélenchon se défend sur son blog, en recontextualisant. On présente un combat entre David & Goliath. Cependant, qui est David & qui est Goliath ?

Si l'on s'en tient aux faits, l'homme politique accepte une interview à une personne qui se présente comme un étudiant. L'interview dérape, elle est postée sur le net. Le faible dans l'histoire n'est pas celui que l'on croit ! Celui qui a le pouvoir, c'est celui qui communique. Dans ce cas, le communiquant, c'est l'apprenti journaliste qui filme la colère d'un homme public & la jette en pâture à l'opprobre publique.

Daniel Schneidermann, sur arrêt sur images, affirme comprendre Mélenchon, mais prend finalement parti pour le jeune journaliste, car la jeunesse donne le droit à l'erreur. Certes ! Cependant, il serait intéressant de connaître cet anonyme pour savoir qui il est réellement, ce qu'il pense, son objectif au moment où il décide de faire l'interview, au-delà de son nom, Felix Briaud. Car, derrière la colère de l'homme politique, certes violente, & donc condamnable pour cela, il y a néanmoins un homme en face, qui se dit journaliste.

Journaliste, ce n'est pas neutre. C'est affirmer un point de vue, l'assumer, le défendre. Avoir une éthique & une déontologie. Quel est le point de vue défendu ici ? Il n'y en a pas. C'est un affrontement verbal au sujet d'une Une du Parisien sur les maisons closes. Affrontement inégal entre un homme public, politique identifié, & un étudiant que l'on ne voit pas, qui reste anonyme. Pousser dans ses retranchements un homme politique sur un plateau télévisé, dans un cadre défini, où l'affrontement verbal est préparé, est une évidence, une légitimité. Mais dans le cas présent, l'homme politique a accepté de répondre à l'interview, de donner un temps qui n'était pas prévu, pour finalement se retrouver dans un combat de rue, non préparé, non formalisé, qui vise, non à poser des questions pour faire avancer le débat, mais à provoquer dans l'espoir de créer une réaction, si possible exploitable. Ce sont les gants de boxe de paul Amar lors du débat Tapie-Le Pen, ce sont les questions misogynes de Pujadas à Ségolène Royal pendant la campagne 2007. Il ne s'agit plus de journalisme, mais de buzz. Il fonctionne parfaitement, mais est-ce cela le journalisme ?

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steph 01/04/2010 18:18



Entendu aussi parler de ça ce matin sur Europe 1 dans la chronique de guy Carlier, même point de vue pour ce soi disant journaliste (lui aussi) avec en fond de toile le rire débile de Ruquier
autre (soi disant ) journaliste......(sic), qui présente une émission sur le service public avec je vous le donne en mille ...une énième journaliste Zemmour ....(re-sic).


Mobilisons nous pour la sauvegarde de Siné Hebdo......et longue vie Guillon


le combat continue, faut pas mollir.... 



thalasrum 01/04/2010 18:51


merci pour cette contribution. Seule le site de marianne2 remet en perspective la vidéo !