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Le vice caché du polar par Pynchon

Publié le par thalasrum

Pynchon-Vice-cache.jpgLe style est merveilleux, agréable. De la Littérature, avec un L majuscule. Il ne se contente pas d'un sujet, verbe, complément. La forme vient éclairer le fond. Ce roman de Pynchon n'est pas un simple policier. Ce serait trop simple.

L'enquête de son détective déjanté, planté dans le Los Angeles des années 70, fumeur d'herbe devant l'éternel, qui poursuit un gros bonnet de l'immobilier corrompu, lié à la mafia, avec comme acolyte un policier toujours sur la tangeante, ne sert que de décor.

Pynchon n'a d'intérêt pour son enquête policière que dans la mesure où les innombrables apartés & digressions lui permettent de raconter autre chose que la recherche d'un coupable. Un peu comme celui qui attendrait Godot, Pynchon n'a pas du tout comme ligne d'arrivée, de trouver son coupable.

Pour les besoins du genre, le détective Sportello, & son flic Bigfoot tomberont sur les arcanes du méchant Wolfman, mais si la morale du policier est sauve, Pynchon s'est sacrément bien amusé, donnant la parole aux sans classe de cette ville qui n'en est pas une, aux survivants d'une vie inhumaine, qui revenant du Vietnam, qui ne vivant que pour une vague ou une dose de drogue, ne servent bien souvent que de décor délabré à de longs travellings qui ne s'arrêtent pas.

Pynchon, bien au contraire, donne le beau rôle à ces sans-grade, s'arrête avec eux, les laisse s'épancher dans un discours pas plus déviant que les loups de ce monde, caricaturé dans le personnage de Wolfman & ses acolytes de la fraternité aryenne. Le tout est enrobé d'un fond sonore musical décalé.

Un bonheur pendant plus de 400 pages.

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