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Dominique, la misère à 1h45 de bateau, première partie

Publié le par thalasrum

 

Gare maritime de Bergevin, Pointe à Pitre, Guadeloupe.

Bateau-Dominique-02.jpeg22 décembre, 7h20 le matin. Enregistrement pour le départ de 8h pour la Dominique. Une masse de bagages, de colis, & de personnes attendent, en plein soleil (il faut supporter la chaleur, mais s'il pleuvait, ce serait pire !). L'agitation est grande, les mouvements incessants, la tension perceptible, mais la queue ne bouge pas. Les colis fabriqués ou rafistolés, circulent de main en main. Dizaines de litres d'huile, gâteaux, un peu de hi-fi, sacs de supermarchés transformés en valises de fortune. Il y en a de toutes parts. Relire le ticket de bateau. Un bagage de 25 kg par personne... Doux euphémisme ! Chaque famille rentre pour Noël avec des monceaux de bagages que les adultes tentent, tant bien que mal de surveiller. Très peu de touristes, essentiellement des locaux qui rentrent au pays pour les fêtes.

7h45, il reste moins d'un quart d'heure avant le départ théorique. La file n'a pas bougé, les échanges verbaux entre femmes deviennent violents. Les mouvements toujours aussi frénétiques, mais l'efficacité toute relative. Les agents de la compagnie maritimes tentent en vain d'empêcher les personnes de passer par la sortie pour contourner la file d'enregistrement. Attendre dans le calme, pas d'autre option. Une autre file d'enregistrement ouvre soudainement. Déplacement de flux. Cette nouvelle queue ne bouge pas plus, nous sommes entourés de monceaux de bagages étalés sur le sol. Les propriétaires sont submergés & ont du mal à les déplacer. Dans l'autre file, il s'en faut de peu que les femmes en viennent aux mains. Dans ce joyeux désordre coloré, nous enregistrons à 8h, heure du départ.

Nouvelle attente identique à la première pour embarquer. Même désordre. Franchir la douane, mais avant, vérification des billets & des bagages à main ! Un seul autorisé par personnes. Plusieurs dominicaises tentent de nous laisser un de leurs nombreux sacs de supermarché bondé de produits de première nécessité. En arrivant au contrôle, une des femmes qui nous avait bousculé pour passer absolument fait un scandale, car on lui refuse ses trois sacs par personne. Elle supplie, menace, insulte, rugit, pleure.

_ Tu vas tuer la race ! Lui lance doucement un employé de la compagnie.bateau-dominique-01.jpeg

L'attitude des passagers, à première vue incompréhensible - il est effectivement précisé sur les tickets de bateau un bagage en soute & un en cabine - dénote tout simplement l'habitude de la compagnie, quand le bateau n'est pas plein, de fermer les yeux sur les quantités de bagages. Cela dénote aussi la misère que nous allons découvrir en arrivant sur l'île voisine, coincée entre la Guadeloupe & la Martinique. Ce qui est transporté dans cet amas de sac, est absolument nécessaire pour améliorer le quotidien sur l'île voisine.

Le bateau part à 8h30, avec une demi-heure de retard. 1H3/4 de traversée sans souci.

À l'arrivée à Roseau, même bousculade. Un long couloir pour accéder au bureau de l'immigration. Les mêmes femmes bousculent pour passer devant, clamant qu'elles sont des « locales », mais avec des passeports français en main, & donc doivent patienter dans la file la plus chargée. La plupart n'ont pas complètement ou pas du tout complété la feuille d'immigration. Un employé remplit les formulaires aussi bien qu'il le peut, au milieu de la mélée. La file avance d'autant plus doucement que certains arrivent à la douane sans le formulaire,... Trente minutes passent. Le tampon est sur le passeport. Nos bagages nous attendent sagement dans l'effervescence humaine, sur le quai, en plein soleil.

... À suivre ! C'est ici

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