Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Côte d'Ivoire, les méfaits de la Françafrique au grand jour !

Publié le par thalasrum

cote-d-ivoire-carte-Afrique.jpegIl faut entendre Alain Juppé se gausser de sa force Licorne, qui aide à évacuer les diplomates de la ville d'Abidjan à feu & à sang. Il faut le voir égréner les appels au secours des ambassades d'Israël, d'Inde, après avoir "hélitreuillé" l'ambassadeur du Japon. Heureusement que la France est en Côte d'Ivoire pour sauver tous ces diplomates du monde entier en danger !

Mais pourquoi ce chaos en Côte d'Ivoire ? Petit retour en arrière. Les élections présidentielles se déroulent au début de l'année. Le deuxième tour oppose Laurent Gbagbo, le président en place, à son concurrent, Alassane Ouattara. Les résultats sont serrés. La commission électorale ivoirienne déclare Gbagbo vainqueur. L'ONU déclare Ouattara vainqueur. Ce dernier fait appel du résultat. Le conseil constitutionnel valide l'élection de Gbagbo. Très rapidement, la France & de nombreux pays reconnaissent Ouattara & s'ingèrent dans les affaires du pays, en demandant à Gbagbo de quitter le pouvoir, alors que la commission électorale l'a déclaré vainqueur.

Sauf que.... & là, tout se complique soudain. Le travail de vérification par les envoyés de l'ONU porte fortement à caution, car il n'a strictement rien d'exhautif. Pire, des membres avisés montrent des intérêts forts entre Ouattara & ces cette mission internationale. Dans le même temps, Ouattara conteste l'avis de la commission électorale, & surtout du conseil constitutionnel, qu'il accuse d'être tenus par des proches de Gbagbo. La France, très présente dans ce pays, y a une présence militaire & a pendant très longtemps soutenu Gbagbo.

Pendant trois mois, rien ne se passe ! Ouattara est dans un hôtel avec ses proches & a constitué un gouvernement provisoire, tandis que Gbagbo, selon la Constitution du pays, a prêté serment & dirige son pays. La voix internationale, de plus en plus faible, rappelle qu'elle ne reconnaît que Ouattara. & les événements arabes font disparaître de l'actualité ce pays.

Soudain, on apprend que les forces de Ouattara marchent d'abord sur la capitale politique, Yamoussoukro, la prennent, puis marchent sur Abidjan. La communauté internationale appelle Gbagbo à renoncer au pouvoir. Alors que Ouattara semble avoir des difficultés dans Abidjan, la force armée Licorne ouvre le feu sur des forces de Gbagbo. Le palais présidentiel de Gbagbo se transforme en bastion, tandis que la ville d'Abidjan, semble aux mains de pillards, qui profitent de la vacance du pouvoir.Laurent-Gbagbo-president-cote-d-Ivoire.jpeg

Difficile dans ces conditions de clamer, avec la communauté internationale, que Gbagbo doit partir. Car Ouattara n'est par devenu l'ami de la communauté internationale par une opération du Saint-Esprit. Par l'entremise d'un article paru dans Rue89, on apprend que le président Ouattara s'est marié... à Neuilly, dans les années 1990, par un certain Nicolas Sarkozy, devenu depuis président de la République française, qui possède une force armée en Côte d'Ivoire. Le changement d'alliance de Gbagbo à Ouattara par la France devient quelque peu plus clair. Sans doute existe t-il d'autres intérêts en sous main, pour démettre Gbagbo & le remplacer par la connaissance de M.Sarkozy.

En tout état de cause, il s'agit une nouvelle fois d'une mainmise de la Françafrique sur un territoire indépendant. Car la commission électorale ivoirienne n'a pas été respectée dans son travail, pas plus que le conseil constitutionnel. & l'argument que ce conseil n'est rempli que de partisans de Gbagbo... - laissez moi respirer un instant - transférons ce constat vers une grande démocratie au drapeau tricolore, au hasard la France...

Combien de membres de ce conseil constitutionnel sont de droite ? Voilà la liste, faites vous votre opinion : Jean-Louis DEBRÉ, nommé par le Président de la République en février 2007, Valéry GISCARD D'ESTAING, membre de droit, Jacques CHIRAC, membre de droit, Pierre STEINMETZ, nommé par le Président de la République en février 2004, Jacqueline de GUILLENCHMIDT, nommée par le Président du Sénat en février 2004, Renaud DENOIX de SAINT MARC, nommé par le Président du Sénat en février 2007, Guy CANIVET, nommé par le Président de l'Assemblée nationale en février 2007, Michel CHARASSE, nommé par le Président de la République en février 2010, Hubert HAENEL, nommé par le Président du Sénat en février 2010, Jacques BARROT, nommé par le Président de l'Assemblée nationale en février 2010, Claire BAZY-MALAURIE, nommée par le Président de l'Assemblée nationale en août 2010.

Ça fait froid dans le dos quand on le regarde au prisme de la communauté internationale regardant la Côte d'Ivoire. Heureusement qu'on a les gages de démocratie, grâce à notre Histoire... Mépriser les institutions ivoiriennes, est-ce réellement respecter l'indépendance, la démocratie, ou la Françafrique continue t-elle d'organiser son néocolonialisme ?

Commenter cet article

LeJeune 08/04/2011 22:44



merci de ce  billet qui clarifie un peu une situation ivoirienne trop méconnue de beaucoup de Français. Il  précise aussi le côté obscur des motivations de  l'intervention
française. Les médias français ne se grandissent pas en tronquant ou déformant autant qu'ils le font  l'exposé de la situation en Côte d'Ivoire. Les populations  paient un lourd tribu
et les "troisièmes larons" en profitent bien.


voir ceci ou
cela


 



thalasrum 09/04/2011 00:43



merci pour le commentaire & les deux liens, fort intéressants !



la pecnaude 08/04/2011 17:29



Elle n'a jamais arrêté ...



thalasrum 08/04/2011 20:12



mais on voudrait nous faire croire le contraire, c'est pourquoi il est primordial de montrer au grand jour ses méfaits !