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Bertrand Cantat, le droit à la rédemption existe t-il ?

Publié le par thalasrum

bertrand-Cantat-chanteur-acteur-2011.jpgBertrand Cantat, chanteur phare du groupe Noir Désir, a été reconnu coupable du meurtre de sa compagne, Marie Trintignant en Lituanie. Condamné à huit années de prison. Il a été libéré en 2010. Après quelques apparitions, le groupe Noir Désir s'est dissout, & Bertrand Cantat s'est mis à faire du théâtre. Chacun est libre de faire les choix qui lui conviennent. Il a payé son crime par l'accomplissement de sa peine de prison.

Il devait représenter son spectacle au Canada, puis au festival d'Avignon cet été. Dans le premier cas, le puritanisme cher aux anglo-saxons a eu raison de la pièce. Dans le second cas, c'est Jean-Louis Trintignant, père de la défunte qui a poussé de tout son poids pour que la pièce n'ait pas lieu & que Bertrand Cantat ne puisse monter sur les planches d'Avignon.

Dans les deux cas, les responsables ont cédé aux pressions qui consdèrent que la prison ne suffit pas à effacer le crime & que le fautif doit porter le fardeau de son châtiment jusqu'à sa mort ! Ces principes qui prévalaient sous l'ancien régime, selon les principes religieux, ont été aboli par la Révolution française qui a mis en place un système de justice, où l'on considère que toute personne, quelque soit la nature de son crime, doit avoir le droit à la réinsertion dans la société, après avoir effectué sa peine (ici la prison). Dans l'ancien régime, on pratiquait la torture pour obtenir des preuves, & la théorie du oeil pour oeil était le principe directeur de la justice. On marquait au fer rouge les voleur, on pendant les criminels...

La justice de la République rappelle que la vengeance est totalement interdite selon les lois de la République. Il faut donc croire que monsieur Trintignant est au-dessus des lois, & possède le droit de faire payer une seconde fois son crime à Bertrand Cantat. La position canadienne n'est qu'une posture théologique & ne grandit pas ce pays.

Heureusement qu'en Europe, il se trouve un petit pays qui considère que la rédemption de l'Homme est possible, même après un crime. Ce petit pays s'appelle la Belgique. Bertrand Cantat & sa troupe joueront à Namur !

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Jérôme 21/04/2012 08:20


Je tombe par hasard sur votre blog, je dois dire que je suis perplexe quand au post "Bertrand Cantat, le droit à la rédemption existe-t-il ? "


Vaste débat, la justice des hommes est imparfaite, peut-on considérer qu'a partir du moment où l'on a purgé sa peine que l'on puisse faire table rase telle une amnésie programmée ?


La réponse diffère probablement suivant la gravité de l'acte répréhensible, ici il s'agit d'un homicide à coups de poing d'une jeune femme est-il besoin de le rappeler, il s'agit d'un homme qui,
s'il a été submergé par son acte n'en n'a pas moins gardé ses esprits pour faire appel de son premier jugement.


Il n'y a pas de redemption pour un homicide volontaire mais une condamnation par la société civile car ce n'est que la seule réponse qu'elle puisse trouver, ce qui est très différent.


La peine du prévénu sera qu'il devra vivre avec la mémoire de ses actes...s'il a une conscience.


La justice garde il est vrai une responsablité effarante quand au résultat de la peine, ici un homicide = 4 ans de prison ferme, elle ne cesse de se discréditer.


J'ai noté également que la pudeur par le silence manifestée par les peoples qui d'ordinaire ont une grande gueule est également motivée par une grande gène, le fait que Cantat fait partie de
cette "grande famille d'artistes".


La réponse technique de la société ( la condamnation) ne réparera jamais ce drame ni même la peine d'une famille effondrée, nous le savons, aussi les proches de Marie ne peuvent que faire avec à
défaut d'accepter une justice déconnectée de la réalité.


Un anonyme purge sa peine et retourne à la vie anonymement, mais ici et c'est bien là le problème il s'agit d'un homme public qui souhaite retourner dans une activité publique, sur les planches
au théatre avec une audience suceptible de l'écouter et de l'applaudir, il y a ici quelque chose de particulièrement paradoxal.


Il y en aura toujours pour avancer qu'il feront le distingo entre la performance et l'histoire de l'homme, j'avoue que pour moi ce n'est pas un argument valable car c'est l'exemple type du
mécanisme qui pousse une société à se désensibiliser et par la même ici de relativiser la valeur de la vie humaine.


 

H 11/04/2011 17:27



Avec tout le respect que je te dois, et avec ma position de touriste dans un type de débat que je fuis comme la peste, je me contente de remarques. 


1) Cantat a purgé quatre ans de prison pour ce meurtre. D'aucuns considèrent que c'est peu.


2) Ces quatre ans sont la moitié de sa condamnation. C'est une bizarrerie juridique fort commune en France mais il n'empêche que cela reste vu comme une bizarrerie.


3) Cantat n'a jamais manifesté beaucoup de regrets, ce qui en défrise plus d'un.


4) Cantat continue a avoir une attitude qui n'aide guère à passer l'éponge. Le suicide de sa femme ou le départ de Teyssot-Gay disant sans s'appesantir qu'il ne supporte pas l'ambiance générée
par Cantat.


5) C'est Cantat qui a décidé de ne pas aller à Avignon. Contre l'avis du festival In qui maintenait son invitation à Mouawad et, de là, à Cantat. 


6) JL Trintignant s'est contenté de dire qu'il ne participerait pas au festival Off en raison de la participation de Cantat au festival In. C'est son droit et on peut respecter sa position. Les
seuls liens entre les deux festivals sont la localisation — Avignon — et les dates. Mais on ne peut pas invoquer l'idée d'un chantage de Trintignant. Le In a toujours manifesté le mépris le plus
absolu pour le Off qui n'est du reste pas un festival mais une forme très éclatée qui n'a guère que ville et dates en commun.


 



thalasrum 11/04/2011 17:48



Pour essayer de répondre tout aussi techniquement


1,2 : Cela renvoie au droit français. Cantat n'a rien à voir dans l'Histoire.


3,4 : Ce n'est là que du ressenti individuel, qui ne peut s'accorder avec une décision de justice. Un jugement est là pour trancher une décision à partir de faits bien précis &
d'éventuellement prendre en compte une situation donnée (qui sans rentrer dans les détails était quand même assez sombre, protagonistes totalement drogués...). Je ne prétends absolument pas
défendre l'acte, ni le personnage, mais peut-on manifester du remord pour quelque chose dont on ne se souvient pas ? Ce n'est qu'une hypothèse...


5,6 : in & off guéguerre perpétuelle pour générer du buzz. off qui méprise l'élitisme du in. In qui méprise l'aspect populaire du off. Le festival d'Avignon c'est le in & le off, les deux
sont inséparables ! Après, vu la multiplication des déclarations de Trintignant dans toute la presse, Cantat avait-il d'autres choix ? D'où la conclusion de mon article...