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Sortie, assassinat politique ou bilan?

Publié le par thalasrum

Les trois analyses sont un peu en balance ce matin dans la presse à propos de la sortie de Chirac hier soir. Intervention solennelle avec bien peu de fond, et une forme très bonne.
Les cinq points retenus par les médias de l'intervention de Chirac sont réellement vides. Quant au bilan, Chirac n'a parlé que du chômage, point sur lequel il est si facile de l'assassiner. Alors, tous les médias s'essayent à un bilan et se demandent si ses douze années de règne resteront dans l'Histoire. Même si ce n'est pas le point de l'intervention chiraquienne dominicale, on peut effectivement penser qu'il va entrer dans l'Histoire. Il a compris tardivement ce que son modèle, Mitterrand, avait fait pour entrer dans l'histoire : de grandes mesures symboliques et des constructions parisiennes. Bien évidemment, Chirac n'égale pas le maître, mais le fait d'inscrire l'abolition de la peine de mort dans la constitution lui garantit la postérité. De même le musée des arts premiers, qui est plutôt contestable dans son projet, lui assure une pérennité dans l'Histoire. Et Chirac s'en réjouit déjà.
Chirac n'a jamais porté aucun projet politique, gaulliste, puis libéral, découvreur de la fracture sociale, de nouveau ultralibéral, il apparaît comme une véritable girouette, navigant à vue, en fonction de l'opinion, sur laquelle il a toujours su parfaitement surfer.
Et si héritage il doit y avoir pour Sarkozy, c'est bien celui-là. Sauf que ce dernier semble ancrer dans des convictions bien plus profondes que cela! Ultralibéral dans l'âme, atlantiste, pas vraiment européen, dur sur l'immigration, on est loin de Chirac (même si l'expulsion de l'église Saint-Bernard n'est pas sortie des mémoires).
D'ailleurs, à y regarder de plus près, l'intervention d'hier soir n'avait sans doute pas pour but d'annoncer qu'il ne se représentait pas. Ça, tout le monde l'envisageait depuis longtemps. Par contre, l'assassinat en direct de Sarkozy (même si l'inimitié entre les deux personnages est connue), semblait imprévue. La diatribe contre les tentations extrémistes s'adressait non pas tant à Le Pen, comme les médias aux ordres ont tenté de le dire, mais bien à Sarkozy et sa pêche récurrente à l'électorat extrême. De la même manière, sur l'Europe, l'écologie et le programme social, c'est un véritable tacle contre le candidat de l'UMP.
Il aurait été tout à fait cohérent d'entendre Chirac afficher son soutien pour le candidat de son parti, or il ne l'a pas fait. Le président en tant que président ne soutient pas Sarkozy. Or, comme il ne le soutient pas personnellement, Sarkozy se retrouve sans ce soutien. Et même si les médias ont tout fait pour minorer cet élément, c'est sans aucun doute, l'élément clé de son intervention d'hier soir. Mais Sarkozy veut-il du soutien de Chirac, là est peut-être la question de ces prochaines semaines...

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Youkou :0008: 14/03/2007 20:41

Je ne pense pas qu'autant qu'on en dise, l'assassinat ait été sanguinolant... un homme comme le sarko n'a vraiment pas besoin (et ce malheureusement pour nous) de la passation de pouvoir officiel du padre....

thalasrum 15/03/2007 21:46

Ce n'est jamais inutile...à mon sens