Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le massacre du service public

Publié le par Mouloud

Gare Saint-Charles, Marseille, dimanche 28 mai un peu après 11 heures. Je me rends en direction des guichets pour me faire rembourser un billet. Deux files gigantesques d'attente serpentent patiemment devant les guichets. L'une pour les "départs du jours", l'autre pour le reste... En cette fin de week-end d'Ascension, la SNCF aurait pu faire des efforts : seuls 4 guichets pour chaque file sont ouverts....
Pendant que les voyageurs potentiels prennent leur mal en patience, trois agents de sécurité font la causette, accoudés à un guichet fermé. Quelques minutes plus tard, on en entend un dire lymphatiquement: "je sors fumer une cigarette". Il reviendra un bon quart d'heure plus tard... Les gens de la file d'à côté -ceux qui partent dans la journée- s'impatientent, interpellent les agents de sécurité pour avoir des renseignements sur les train, sur les horaires. Certains tentent même de tricher, prétextant un train qui va partir. Les braves agents de sécurité réagissent mollement, refusent systématiquement de répondre aux questions posées.
45 minutes plus tard, j'arrive -enfin- au guichet. Une charmante brune, cheveux ondulés avec des mèches, m'accueille d'un sourire & de son accent local. Je lui fais remarquer que pour un service public, quarante cinq minutes pour être servi, c'est un peu long. Ne sachant si mon indignation mesurée est ou non une attaque personnelle, elle est dans un premier temps sur la défensive. Je lui explique que je suis professeur & fervent défenseur du service public en général. Je lui dis que je suis excedé par le fait qu'il y ait presque autant d'agents de sécurité qui bullent que de guichetiers. Elle se détend alors & m'explique rapidement que les guichetiers ne cessent de se plaindre de ses attentes interminables. La réponse systématique est qu'il y a au maximum 15 minutes d'attente. Je lui que c'est ridicule. "Oui, me répond-elle, mais comme personne ne prend cinq minutes suppplémentaires pour aller se plaindre à l'accueil, la direction persévère dans sa politique. & même pire, 6 guichetiers supplémentaires vont être supprimés". Je reste sans voix & je promet d'aller me plaindre à l'accueil.
En cette fin de week-end de l'Ascension, la sécurité passe donc avant le service des clients... Belle vision sarkozyste du service public !!!!
Énervé par cette situation, je me rendsnà l'accueil pour écrire sur le fameux cahier de complainte. Deux guichets sont là aussi ouvert sur les quatre possibles. Dix personnes au moins attendent devant moi. Dix minutes plus tard, il en reste encore la moitié... Je renonce, je rentre chez moi, dépité!
La SNCF utilise donc l'argument que les gens ne se plaignent pas de l'attente au prétexte que le cahier de réclamations reste vide sur ce sujet. Mais pour pouvoir écrire dessus, il faut encore faire la queue!!!! Ce système scandaleux réussit donc parfaitement à briser le service public. On dégrade la situation suffisamment pour mettre en difficulté le service public, & ensuite, on se servira de cet argument pour dire que le service public ne fonctionne pas, & pour licencier encore plus... Pendant ce temps là, le renouvellement des professeurs n'est plus assuré, celui des policiers explosent... Peut-on faire le lien avec les guichetiers de la SNCF & leurs agents de sécurité? Je crainds que oui...

Commenter cet article

Flob 29/05/2006 23:45

A Troyes on a réussi à les faire reculer là-dessus en les prenant à leur propre jeu, c'est à dire en prenant au mot leur Charte du service public et leur rappelant les investissements consentis par les Régions, la SNCF et RFF pour améliorer les temps de parcours... si c'est pour les perdre au guichet...
De toutes façons, nationalement la SNCF a surestimé la croissance des ventes par internet et c'est un argument qu'ils connaissent bien.
Pour ça, il est bien utile de s'appuyer sur des élus comme nous l'avons fait à Troyes avec les élus communistes.

thalasrum 30/05/2006 07:33

Bravo! Espérons qu'il sera possible de faire de même partout en France