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"Ce n'est pas la rue qui gouverne!"

Publié le par Mouloud

Cette célèbre phrase prononcée par l'ancien premier ministre Raffarin peut tout aussi bien s'appliquer au ministère De Villepin qui, fort de sa majorité absolue aux deux chambres parlementaires (Assemblée Nationale et Sénat), fonce au pas de charge vers la précarisation de l'emploi (voir article précédent).
Après l'adoption de la loi sur l'égalité des chances grâce à l'article 49.3 à l'Assemblée Nationale, c'est désormais le Sénat qui doit adopter cette loi dans des termes identiques à l'Assemblée nationale pour éviter un ralentissement de l'asoption de cette loi et une Commission Paritaire Mixte. Ainsi, malgré l'opposition de la jeunesse française, qui se mobilise fortement dans les Universités et les lycées, même pendant les vacances scolaires, malgré l'opposition des syndicats qui ont manifesté le 2 février et qui appellent à la grève le 7 mars, le gouvernement fait voter cette loi à toute vitesse, laissant les partis politiques opposés à la loi s'essouffler à la tribune pour rapidement rejeter leurs arguments! Même l'UDF, parti de centre droit, allié au départ du gouvernement, est contre cette loi sur l'égalité des chances. Mais M.De Villepin n'en a cure, il fonce dans cette surenchère droitière, en vue des élections de 2007. Il est déjà visiblement en campagne, racolant le monde agricole hier au salon de l'agriculture dans des accents chiraquiens presque ridicules!
Pourtant, la légitimité de ce gouvernement n'est pas à la hauteur de sa représentation actuelle : majorité absolue au deux chambres, alors que M.Chirac n'a même pas obtenu 20% lors du premier tour des élections présidentielles!!! Majorité absolue au Sénat de la droite depuis une éternité, puisque chambre est élue...indirectement. Paradoxe de ce gouvernement qui prétend tirer sa légitimité des urnes, mais ne fait pas suffisamment confiance au peuple pour lui laisser pleinement le choix de sa représentation électorale à la chambre haute.
Peut-être serait-il temps de revoir le fonctionnement du Sénat: un mandat de 9 années, ce n'est plus de la continuité, c'est un véritable règne. Ce à quoi il faut ajouter un renouvellement par tiers, ce qui assure d'autant plus de continuité.
Puisque le monde accélère, pourquoi ne pas passer sur un mode électoral direct pour la chambre haute avec un mandat de 6 ans, qui ne coinciderait pas avec celui de l'Assemblée Nationale et permettre ainsi une amélioration de la démocratie et peut-être une meilleure image de la politique? Peut-être la rue aurait-elle un peu plus son mot à dire... Et peut-être les gouvernements seraient-ils plus attentifs aux revendications des personnes qui les ont élues!

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