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Sarkozy & l'enseignement de l'Histoire : encore une instrumentalisation!

Publié le par thalasrum

Lors d'un dîner au CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) donné le 13 au soir, le président de la République a fait un discours sur sa conception de la laïcité, mais surtout, il s'est permis de demander à son ministre de l'Éducation que  "chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah".
Malgré les différents avertissements, tant des historiens que des enseignants, le président de la République intervient donc une nouvelle fois dans l'enseignement de l'Histoire, après la sinistre affaire de la lecture de la lettre de Guy Môquet à l'ensemble des lycéens.
La proposition du président vise à ce que chaque élève de CM2 s'approprie la vie d'un enfant  victime de la Shoah. Dès ce matin, l'inénarrable  Arno Klarsfeld, ami de M.Sarkozy défend la mesure en expliquant qu'il est important que chaque enfant puisse s'approprier la vie d'un enfant martyr.
Simplement, cette décision, annoncée sans concertation aucune pose en premier lieu le problème d'une instrumentalisation de l'Histoire par le politique, au service du politique. Mais ce n'est pas tout, une fois encore, le président Sarkozy, comme à son habitude, tente d'individualiser un événement historique global. Tout comme M.Sarkozy prétendait réduire la Résistance à Guy Môquet (piétinant au passage toutes les valeurs du Conseil National de la Résistance), il prétend aujourd'hui assimiler la Shoah à un martyr individuel.
Or, la Shoah, c'est précisément l'inverse : un acte de tentative d'élimination réfléchie, voulue, calculée, d'une partie de la population sur des critères religieux. C'est en ce sens que la Shoah est unique. Vouloir l'expliquer à des élèves par une  entrée individuelle, c'est oublier la  déshumanisation voulue par les bourreaux des êtres humains déportés & assassinés.
Au prétexte de commémorer un crime unique, le président l'instrumentalise derrière une décision hâtive, & irréfléchie. Une nouvelle fois, l'enseignement de l'Histoire est utilisé à des fins politiques. L'enseignement de l'Histoire doit rester entre les mains de spécialistes, non aux mains de politiques qui prétendent réécrire l'Histoire comme cela les arrange.
La Shoah n'est pas un crime individuel, c'est un  génocide collectif & silencieux qu'il ne faut pas oublier. Sous prétexte de prendre au mot  Élie Wiesel qui disait que  "le bourreau tue toujours deux fois. La seconde fois par l'oubli", le président fait un contresens lourd. On n'entretient pas la mémoire collective en l'individualisant! C'est faire fi de l'intelligence des enfants!

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