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Charlie, Danemark, Auschwitz, Ursull et l'humanité

Publié le par thalasrum

Les attentats contre Charlie Hebdo, puis au Danemark, mais aussi les égorgements, le soldat brûlé vif dans une cage par l'État islamique, perpétrés avec une violence inouïe, ont réenclenchés le processus insupportable de l'islamophobie, déjà générés il y a une décennie par les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Plutôt qu'un monde apaisé et multipolaire, les tenants de la violence cherchent sans cesse à recréer un empire qui est leur pour mieux définir la barbarie à ses pourtours. La Grèce antique avait initié ce principe, définissant par là-même un européocentrisme. Rome antique l'a repris, puis Charlemagne, puis les puissances européennes l'ont appliqué au monde dont elles finissaient par admettre l'existence. Le nazisme aurait pu (du ?) mettre un terme à ce concept abject de déni de l'autre. Mais à peine l'Allemagne vaincue, l'URSS a servi de barbare pendant un demi-siècle à l'Empire états-unien.

Mais les bouleversements de 1989 ont provisoirement remis en cause ce concept, ouvrant le champ des possibles à un autre monde multipolaire, ouvert, multiculturel, ce qui était inacceptable à tous les tenants non plus de l'Empire, mais d'un empire, le leur, défini sur un principe communautariste prétexte à la haine de l'autre. Chaque petit groupe a ainsi commencé un travail de sape d'un possible vivre ensemble pour remettre au goût du jour la guerre du chacun contre tous les autres.

Il consiste à se définir un particularisme qui se veut unique et dans un élan d'égocentrisme, et prétendre le placer avant toute autre chose, générant des barrières infranchissables pour l'autre. En cela, le positionnement interdit toute empathie venant de celui qui a été défini comme l'autre. Tout vivre ensemble devient par conséquent immédiatement impossible et les barrières se multiplient sans rapprochement possible.

C'est ce positionnement qu'a choisi Joelle Ursull à propos de la commémoration des soixante dix ans de la libération d'Auschwitz dans une lettre ouverte au président de la République. Les réponses de Dominique Domiquin et de Jacky Dahomay dans France Antilles permettent de remettre les choses à leur juste place, posant l'humanité primant l'individu. Faire le choix de l'humanité contre l'inhumanité, c'est partir du précepte simple que l'Homme ne peut vivre qu'en société, et que l'individu doit nécessairement se plier aux contraintes sociales, contrairement au discours libéral qui cherche à supprimer tous les cadres sociaux pour renvoyer à l'individu.

Car vouloir placer la traite Atlantique devant ou derrière la Shoah, chercher si le génocide arménien, rwandais ou amérindien sont plus ou moins graves les uns que les autres, c'est bien vouloir rendre unique une inhumanité et la mettre en concurrence avec les autres. À Auschwitz, le président Hollande en parlant de la Shoah comme du plus grand crime, a simplement pris le parti de l'Humanité contre l'inhumanité. À Auschwitz, commémorant la victoire sur l'inhumanité nazie, il aurait été inepte de parler d'autre chose que du génocide, juif, tzigane, homosexuel qui s'est alors produit en ces lieux. Faire la liste des crimes de l'Histoire eut été les individualiser, les dissocier d'une manière insupportable pour l'Humanité.

Non ! Il ne faut pas accepter cette velléité du libéralisme de s'immiscer pour réécrire l'Histoire et casser notre Humanité. Les libéraux ont suffisamment réécrit l'histoire pour ne plus les laisser diffuser leur propagande mortifère pour les peuples.

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